20 juin 2006

Besikçi et Öcalan : rien ne va plus !

Un avocat d'Öcalan a démenti toute volonté de la part d'Öcalan de poursuivre Besikçi. (Pour le détail de l'affaire voir , et ).

Pour l'interview de Besikçi traduite de l'anglais, voilà un aperçu en français :


Question: Quelle est la situation à l'Est (de la Turquie)? Vous vous êtes élevé contre la "thèse de la république démocratique” qu'Öcalan a défendue à partir du moment où il a été capturé. Vous pensez que la thèse d'Imrali est un recul…

Les suggestions sur le problème kurde doivent être proposées par le peuple lui-même, et non par Imrali! Il existe des partis politiques, tel le DTP et d'autres groupes, qui doivent décider quelle politique suivre pour résoudre le problème kurde.

Q: Après avoir été capturé, Öcalan a changé d'idée et son temps est fini à présent. C'est ce que vous pensez ?

Il est entre les mains de l'Etat. Il est sous contrôle de l'Etat.

Q: Il ne peut aps parler librement ?

Il a parlé et il y a maintenant un prix à payer. Je tire cela de ma propre expérience ; quand j'étais en prison en 1985, j'ai écrit une lettre sur la Question kurde à un de mes amis. Ils m'ont renvoyé cette lettre en disant "Vous asez commis un crime en prison. Nous allons mancé contre vous une procédure disciplinaire.” Concernant les Kurdes, telle est la situation même pour les choses les plus simples. Mais d'un autre côté, Öcalan "déclare la guerre." Il dit dans ses déclarations que "l'Etat n'a fait aucun pas en avant, donc ayez de nouveau recours aux armes.” Comment peut-on dire de telles choses dans sa situation ? Cela signifie clairement que c'est à la dmeande de l'Etat. (source : milliyet, 14/3/2006)

Q: Hikmet Fidan, l'ancien Vice Président of HADEP a été assassiné, ce que vous avez condamné. Hikmet Fidan n'est pas le premier opposant à avoir été tué. Pourquoi, selon vous que les réactions à ce meurtre n'ont pas eu lieu lors des précédents incidents?

Le public doit toujours être sensible à de tels meurtres. Il est faux de dire que les réactions auparavant n'étaient pas suffisantes. Récemment (à la mi-février), la nouvelle est tombée que de hauts responsables du PWD, Kani Yilmaz et Serdar Kaya ont été tué près de Silâmani dans le Sud. Les faitsaccusent le PKK. Le meutre de Kani Yilmaz qui fut un fondateur du PWD et a travaillé pour le PKK pendant plus de 25 ans avant de quitter le parti en raison de divergences politiques, est une grande tragédie pour les Kurdes. Le PKK utilise principalement le mot "paix" et demande la paix à l'Etat. Pourtant, il use de violence contre ceux qui ont quitté le parti et d'autres Kurdes qui ne pensent pas comme eux. Avec une telle mentalité, jamais le PKK n'obtiendra la paix.

Q: Vous n'avez pas toujours été d'accord avec les critiques contre Öcalan. Vous avez les même qualifiées "d'accusations" de la aprt de ceux qui avaient quitté le PKK. En considérant les derniers développements, soutenez-vous toujours ce point de vue ?

Je croyais alors que le PKK disait la vérité. Sur les développements au Sud (du Kurdistan) et au sujet de ceux qui avaient quitté le PKK, je criyais que ce que disait le PKK était la vérité. Mais, à présent, je pense qu'il est nécessaire d'écouter le Parti démocratique du Kurdistan ou l'Union patriotique du Kurdistan sur les événements du Sud ou prêter plus attention aux raisons et aux critiques de ceux qui ont quitté le PKK. La capture d'Abdullah Öcalan et sa défense au procès d'Imrali ont été un tournant. Ces dernières années, le PKK n'a cessé de parler de "paix". Pourquoi ne pas faire la paix avec les autres organsiations kurdes et ceux qui ont quitté le parti ? C'est un problème qui doit être examiné sérieusement.

Plus que la rhétorique, c'est la position qui est essentielle. Mais Öcalan n'a pas une position solide. J'espérais que le combat armé du PKK développe la conscience nationale d'une patrie et d'une langue maternelle parmi les Kurdes. Malheureusement, cet espoir s'est avéré faux. Le PKK parle toujours des Kurdes et du Kurdistan, en usant fréquemment de ces termes mais en utilisant le turc comme langue principale et comme culture de référence. Le PKK n'a jamais eu d'intérêt ou d'enthousiasme pour la langue et la culture kurdes. En outre, c'est un affront envers ceux qui aiment leur langue maternelle et leur culture, et réclament leurs droits, de se faire appeler "nationalistes primitifs". C'est aussi un point très important que le PKK doit considérer et examiner.

La politique majeure de l'Etat turc contre les Kurdes est l'assimilation. Pour cela, ils ont eu une politique systématique de déplacement des Kurdes de leur foyers et les ont chassés à l'Ouest de la Turquie. Il y a eu une pratique systématique d'incendie et de destruction des villages kurdes, et de déplacmeent forcé des villagois kurdes dans les villes de l'Ouest. En faisant cela, l'Etat espère assmilier les Kurdes et en faire des Turcs. En ne faisant aucun investissement au Kurdistan et en empêchant son développement agricole et industriel, l'Etat turc cherche à laisser le Kurdistan sous-développé et arriéré. Rappelons-nous la lettre du Président Turgut Özal au Premier Ministre Süleyman Demirel à la fin des années 1980. Dans cette note, Özal dit que "si 500 mille Kurdes étaient chassés de leurs villages dans les villes turques de l'Ouest, cette question serait presque résolue"

Il y a une profonde contradiction entre les tendances principales du monde actuel, la démocratisation, le modernisme, l'identité politique, la globalisation, et la pensée et les prises de position politiques turques. Parce que ces tendances rendent possible aix identités opprimées et aux cultures niées de survivre et de s'épanouir, la Turquie et l'Union européenne ne cessent de se décevoir mutuellement.

L'UE envoie quelquefois des communiqués de presse disant quelle est contre la modification des frontières irakiennes et donc n'est pas en faveur d'un Etat kurde indépendant. L'UE dit aussi que les Kurdes doivent avoir des "droits culturels dans les Etats où ils vivent." Selon cette acception, est-ce au Luxembourg de déterminer l'avenir du peuple kurde ? Comment le Luxembourg, avec sa population nombreuse de 450 mille citoyens déterminerait-il l'avenir d'une nation de 40 millions de gens ? Où est la morale politique ? Tout cela montre clairement combien le système international est bâti contre les Kurdes. De tels faits ne dvraient-ils pas faire prendre cosncience aux Kurdes de la réalité ? Pour cetter aison, les Kurdes doivent être critiqués pour avoir surtout masqué leur situation maudite derrière des slogans comme “Fraternité, internationalisme, gauchisme” et s'être égarés très loin de leur propres problèmes. (www.peyamaazadi.com) .

source : kurdishmedia.com.